Sept ans pour enlever les chaussures
Je cours depuis 2014 : 862 sorties et 6 502,9 km enregistrés dans Strava. Les 2 751,2 km pieds nus n’ont commencé qu’en mars 2024, mais l’histoire démarre bien avant, un matin d’octobre 2017.
Chapitre 1, 2017 à 2020
Le reboot minimaliste
En 2014, ma première année sur Strava, je cours 74 fois. Puis le rythme retombe : 41 sorties en 2015, 27 en 2016. Le 22 octobre 2017, je repars de zéro avec une seule note, « Reboot. Minimalist training. », et une règle simple : peu de distance, souvent, en chaussures minimalistes.
Pendant cinq mois, je cours 1,5 à 2,5 km le matin, 62 fois, quelle que soit la météo. Les notes de l’époque tiennent en une ligne.
1.5K minimalist 2° and pouring, freezing
Le 22 janvier 2018, j’enfile mes premières Vibram FiveFingers, ces chaussures à cinq doigts : « Feels good ». Fin février, je cours à −7 °C. Le 31 mars, je passe mon premier 5 km minimaliste.
Le 14 octobre 2018, la première fois sans rien sous les pieds :
First 2K barefoot on road.
Ça reste anecdotique. Le premier 10 km minimaliste arrive le 24 décembre 2018 ; en janvier 2020, je cours dans Central Park à 6 h du matin, toujours en Vibram. Puis 2020 me laisse seulement 15 sorties.
Chapitre 2, 2023
Saguaro et le marathon de Bruges
Le volume revient : 72 sorties en 2022, 646,4 km en 2023. En juin 2023, après plus de 1 000 km, ma paire minimaliste arrive en bout de course.
Je la remplace par des Saguaro Trail, toujours minimalistes. Elles m’emmènent sur un semi au lever du soleil en Crète, sur les plages normandes à marée basse, puis au départ du marathon de Bruges, le 15 octobre 2023 : 42,34 km en 3:48:23.
J’ai eu le bon gros mur à 30K 😅 #barefootrunning #minimalist #saguaro
Le hashtag #barefootrunning est déjà là. En février 2024, je cours à Montréal par −11 °C, encore en Saguaro. C’est leur dernier hiver comme chaussure principale.
Chapitre 3, mars à mai 2024
Les premiers kilomètres sans rien
Mi-mars 2024, j’enlève les Saguaro en cours de route : 3 km pieds nus sur une sortie de 5 le 17 mars, 1,5 km le lendemain, 3,5 km le 25. Le samedi 30 mars, je pars pieds nus et je rentre pieds nus : 5,73 km. Dans Strava, je crée une chaussure nommée « Barefoot (No Shoes) ». Elle porte toutes mes sorties pieds nus depuis.
Je monte vite : 7,2 km le 1er avril, 9,2 km le 3.
Plante de pieds plus sensible après les 9K de mercredi (plus long run barefoot à date). Mais les 5K du jour sont passés. 👌 Semaine prochaine je tente les 10K. 🙃🤞
Le 10 km arrive le 9 avril, et il coûte cher.
Premier 10K barefoot 🔥 Bien roulant au début sur route. Le passage dans la citadelle n’était pas ma meilleure idée avec le nouveau revêtement et ses cailloux saillants. 😅
Douze jours plus tard, je reprends avec 5,45 km de « recovery après la blessure des 10K », en évitant le centre de la Citadelle. Fin avril, je mélange sable et route, avec du fractionné. Le 5 mai, les intervalles passent enfin :
J’avais tenté il y a quelques mois, et ça avait été une catastrophe. Là mes pieds s’en sont sortis malgré le sol défoncé de la citadelle. 👌🦶 On avance, on apprend.
Le 8 mai, 39 jours après la première sortie, le compteur passe 100 km, avec un 12 km sur route sans blessure et un retour sur les cailloux saillants de la Citadelle, « sans casse ».
Chapitre 4, été et automne 2024
Tanner le cuir
Le 26 mai, premier 16 km : « pas de blessure (à part une cloque), mais ça chauffe bien ». Trois jours plus tard, la phrase qui résume l’été :
Sortie sensible ce matin après les 16K mais il faut continuer à tanner le cuir. 👞
Je teste les pavés du vieux Lille le 6 juin ; un cycliste fait demi-tour pour me suivre et me poser des questions sur le barefoot. Le premier 20 km tombe le 29 juin, sur route, piste, chemin et pavés. Le 4 août, le premier vrai accident :
Run simple mais petite écaille de verre dans le pied. 🩸 C’est le risque du métier. Cicatrisation et ça repart. 👌🦶


Septembre 2024 reste mon plus gros mois pieds nus : 187,3 km en 16 sorties, dont 26,05 km le 7 septembre, « Citadelle en long, en large et en travers ». Puis viennent les premiers dossards.


Semi-marathon Bière Flandres Festival (mb2f.fr), premier semi en course pieds nus. 🦶✅ Très content d’avoir fait des entraînements graviers à la citadelle ; pour les routes de campagne assez brutes et les 2km supplémentaires sur chemins de graviers en surprise à la fin.
Le 19 novembre, une seule ligne : « Réhab tendinite ». Je ne recours que le 14 décembre.
Chapitre 5, hiver 2025
Courir pieds nus à −3 °C
Dès octobre, les flaques froides posent la question : « Ça va être intéressant de voir comment les pieds s’adaptent à des températures plus fraîches… ou pas. » La réponse arrive le 4 janvier 2025, par −2 °C. J’en tire une liste.
- c’est faisable, j’avais un doute avant de partir
- éviter les zones humides (pelouses, flaques, etc.), préférer les terrains secs
- bannir à tout prix les zones salées […] si en début de course on sent la brûlure, en fin de course on ne sentira rien sur le coup mais l’impact sera bien là
- attention en fin de course car le pied peut être endormi avec le froid donc moins sensible
- ne pas charger trop la course (même si on a envie), ni mettre trop d’intensité car on sent moins les impacts
Dix jours plus tard, −3 °C, en short et tee-shirt à manches courtes. Le pont de la Citadelle est salé et mouillé, à l’aller comme au retour ; je m’arrête après chaque passage pour enlever l’eau et le sel et réchauffer les orteils.
Arrivé au 10ème km sans encombre, même si l’absence de sensibilité m’a quand [même] fait [me] demander si j’avais encore tous mes orteils. Spoiler : oui !
Le samedi 22 février 2025, onze mois après la première sortie complète, le compteur passe 1 000 km.

1000eme Km pieds nus ce matin 🔥 Un peu plus d’un an après le premier run barefoot. Objectif de cet année : 1er marathon pieds nus en fin d’année.
Chapitre 6, 2025
Vers les obstacles
2025 est l’année du volume : 168 activités pieds nus pour 981,9 km. Le marathon pieds nus n’a pas encore eu lieu, et un autre projet apparaît dans mes notes. Le 22 juin, une séance s’intitule « Entraînement Spartan Super M-3 ». En juillet, je cherche les sols qui ne pardonnent pas : « Mix de terrains (graviers, terre, boue, goudron, herbe). »
Le samedi 20 septembre 2025, à Beynes dans les Yvelines, je cours ma première Spartan Race, une Super, pieds nus : 11,18 km et 311 m de dénivelé en 3 h 37, dont 2 h 54 en mouvement. Les 42 autres minutes se passent à l’arrêt. Cette course deviendra l’étalon de tout ce qui suit.
Chapitre 7, 2026
Le tendon, puis la Beast
Janvier 2026 commence mal : une tendinopathie d’insertion du tendon d’Achille, et vingt jours sans courir entre le 4 et le 24 janvier. La reprise se fait pieds nus, sur des distances courtes. Le mardi 10 mars, je note « 2000ème km pieds nus 🦶✨ ». En septembre, le tendon ne me gêne plus.
L’objectif de l’automne s’appelle Spartan Beast : 21 km dans le massif de l’Estérel, le 3 octobre. L’été sert à allonger : 133,9 km en juillet, 138,8 km en août, et le dimanche 30 août une sortie de 27,21 km, la plus longue de toutes, en 2 h 53.
Reste un trou évident : le dénivelé. Mes sorties autour de Lambersart dépassent rarement 150 m. Le dimanche 6 septembre, je pars au pied des terrils jumeaux du 11/19, à Loos-en-Gohelle.

Une séance à 1 592 m de dénivelé, plus du double de celui de la Beast, sur du schiste. Suivent deux séances d’obstacles autour de la course : burpees, pont de singe, échelles, dips, tractions, et le 23 septembre un « mix graviers petits et gros, un plaisir ».

La suite se lit en détail sur la page de la course. En résumé : 3:31:00, aucune pénalité ajoutée au temps, aucune blessure.
Et maintenant
Le premier marathon pieds nus, annoncé en février 2025, reste à courir. Ma plus longue sortie fait 27,21 km ; il en manque 15. Le compteur, lui, continue de tourner.