Aller au contenu

Samedi 3 octobre 2026, Saint-Raphaël

Une Spartan Beast pieds nus

21 km dans le massif de l’Estérel, 711 m de dénivelé, une trentaine d’obstacles. Je l’ai courue sans chaussures, en 3:31:00, et je suis reparti avec les pieds intacts.

Temps officiel
3:31:00
M45-49 Age Group
77e sur 98
Hommes Age Group
492e sur 636
Général
899e sur 1 823
Pénalité ajoutée au temps
aucune
Blessures aux pieds
aucune
Antoine court pieds nus vers l’objectif sur un large chemin de terre bordé de vignes et de maquis
10 h 53, sur un chemin de terre de l’Estérel.

Le parcours

La Beast est le format long de la Spartan Race. À Saint-Raphaël, elle part de la plage du Dramont et tourne dans la roche rouge de l’Estérel ; en 2026, elle accueillait le championnat d’Europe. Le guide de l’athlète annonce 21,0 km, +711 m et −703 m, un point culminant à 167 m, des pentes jusqu’à 19,5 % en montée et 22,7 % en descente, et quatre points d’eau aux kilomètres 4,3, 9,8, 14,2, 17,5.

Je suis inscrit en Age Group, la vague classée par âge, qui part en début de matinée, avant les vagues Open. Le règlement 2026 y change une chose capitale : un obstacle raté ne se paie pas en burpees mais par une boucle de pénalité, du terrain en plus. Celui qui saute la boucle prend dix minutes au chrono (article 3.4.1).

Côté pieds, le règlement interdit crampons, clous et bâtons, et ne dit rien des chaussures. Il autorise gants, strap et pansements.

Un mois pour combler un trou

Le 3 septembre, le bilan est clair. Distance et endurance sont acquises : quatre sorties de 25 km ou plus depuis juillet, toutes pieds nus. Le manque, c’est le dénivelé : 229 m au mieux sur une sortie depuis janvier, quand la course en demande 711.

  1. Terrils du 11/19, Loos-en-Gohelle. 18,35 km, 1 592 m de dénivelé positif sur le schiste, 3 h 04 en mouvement. Le trou est comblé en une matinée, et au-delà.

  2. 22 km et des obstacles. 5 × 30 burpees, cinq traversées de pont de singe, échelles, dips.

  3. 23,44 km et 305 m de dénivelé à 5:20 /km, la plus rapide de mes sorties longues de l’année.

  4. J-10, graviers et obstacles. 7 × (30 burpees, 10 échelles, 10 dips, équilibre sur poteaux, 5 tractions) autour de 13,2 km, « mix graviers petits et gros, un plaisir ». Dernière séance abrasive.

  5. Le bas du dos bloque. Sans doute la séance du mercredi et ses 210 burpees. Je ne cours pas. Consigne jusqu’à la course : plus de burpees, plus de charge.

  6. 6,74 km à 5:41 /km : le dos tient.

  7. J-1. Consigne pour les pieds : ni crème, ni bain prolongé, ni pédicure.

Le 27 septembre, j’ai voulu durcir la plante pendant la dernière semaine. La recherche documentaire que j’ai demandée dit l’inverse : la couche cornée met environ 14 jours à se renouveler, donc la peau du jour J est déjà fabriquée, et une séance de graviers à six jours retire de la corne au lieu d’en ajouter. Le plan retenu : garder un contact pieds nus régulier sur mes surfaces habituelles, et retirer le gravier.

Les estimations de temps ont suivi les données :

DateEstimationSur quelle base
3 sept. 20264 h 45 à 6 hpremier dossier, avant de connaître ma Spartan Super de 2025
4 sept. 2026environ 6 hcalée sur la Super de Beynes 2025, courue avec 81 minutes de plafond d’entraînement
27 sept. 2026environ 3 h 50recalée sur la séance de 1 592 m de dénivelé du 6 septembre
27 sept. 2026environ 3 h 35avec les 711 m du guide officiel au lieu des 869 m de la carte 2021
3 oct. 20263:31:00le temps réel

La course, point par point

Départ à 8 h 50. Il fait 21 °C, 74 % d’humidité, le ciel est entièrement couvert et il ne pleuvra pas. Pour des pieds nus, c’est le meilleur tirage : la roche ne chauffe pas au soleil.

Le chronométrage enregistre six points intermédiaires. Mon rang dans la catégorie raconte la course : 33e au premier obstacle, 85e au 11,5e kilomètre, 77e à l’arrivée.

Rang dans la catégorie M45-49 Age Group à chaque point chronométré33e au kilomètre 2,8, 79e à 7,5, 85e à 11,5, 83e à 16, 79e à 18,3, 78e à 20,7 et 77e à l’arrivée. En dessous, le dénivelé négatif par kilomètre de chaque tronçon : la perte de places suit les descentes.1e25e50e75e98e33798583797877Descente du tronçon, en mètres par kilomètre03718263210,02,87,511,516,018,320,7
En haut, mon rang parmi les 98 classés de la catégorie ; en bas, le dénivelé négatif de chaque tronçon d’après le profil officiel, en kilomètres du parcours.
Temps de passage et écart à la médiane de la catégorie M45-49 Age Group
TronçonDistanceD+ / D−Mon tempsMédiane cat.Rang au pointÉcart cumulé
Départ → Log Carry2,8 km+131 / 0 m17:3518:4533e−01:10
Log Carry → Borne 7,5 km4,7 km+191 / −172 m54:5444:2879e+09:16
Borne 7,5 km → Olympus4,0 km+90 / −70 m39:5130:0585e+19:02
Olympus → Inverted Wall4,5 km+42 / −115 m39:3937:0883e+21:33
Inverted Wall → Dunk Wall2,3 km+12 / −8 m29:0228:3679e+21:59
Dunk Wall → Hurdles2,4 km+0 / −50 m20:2918:3278e+23:56
Hurdles → Arrivée0,3 km09:3008:1877e+25:08

Le premier tronçon ne contient aucune descente : 131 m de montée sur 2,8 km. C’est le seul où je bats la médiane de ma catégorie, de 1 min 10. Ensuite, chaque descente coûte. Le soir même, j’ai expliqué l’écart ainsi :

Ça n’a pas à voir avec la fréquence cardiaque principalement, mais avec le terrain : je devais très fortement ralentir dans les descentes. Là où tout le monde courait, moi je me déplaçais en faisant attention à chaque pierre, car pieds nus, il faut être très vigilant.

Les chiffres vont dans ce sens : sur les six tronçons, la corrélation entre le dénivelé négatif par kilomètre et le temps perdu est de 0,72. Avec six points, ce n’est pas une démonstration, mais c’est cohérent.

Ce ralentissement, je l’accepte. Pieds nus, la foulée s’adapte au terrain à chaque appui, et la vitesse en paie le prix. L’énergie part ailleurs : dans la vigilance, parce qu’il faut lire chaque mètre de sol, et dans les muscles, parce que les pieds et les jambes absorbent ce que la chaussure n’absorbe plus. C’est la première contrainte quand on commence à courir pieds nus, et elle vaut encore sur une Beast : courir moins vite pour courir mieux, et ne pas se blesser.

L’autre part de l’écart, ce sont les boucles de pénalité. Elles n’apparaissent pas au chrono, elles sont dedans. Ma montre a mesuré 24,98 km et 955 m de dénivelé, pour 21,0 km et 711 m annoncés : entre 2,6 et 4 km de plus, selon qu’on prend la distance du guide ou les 22,4 km chronométrés en 2025. Une montre GPS surestime aussi en terrain accidenté ; la part exacte des boucles reste à chiffrer.

Gros plan sur les pieds nus d’Antoine qui courent sur de l’herbe sèche
10 h 56, pieds nus sur l’herbe sèche.
Antoine court pieds nus sous une structure d’obstacle en tubes métalliques
10 h 56, au pied d’un obstacle.
Antoine franchit la ligne d’arrivée pieds nus sur le tapis vert de la Spartan Race
Arrivée, 12 h 21 et 2 secondes.
Antoine, pieds nus sur le sable et les galets de la plage, porte sur l’épaule un seau noir fermé rempli de gravier
Vers 12 h 11, le Bucket Carry sur la plage, pieds nus sur les galets. Obstacle obligatoire : pas de pénalité possible, il faut le finir.
Vu d’en dessous, Antoine grimpe pieds nus un filet vertical, les orteils enroulés autour d’une corde
Vers 12 h 19, le filet : pieds nus, les orteils servent de prise.

La course en images

Antoine court pieds nus vers la caméra sur un chemin de terre bordé d’herbes sèches
10 h 53, chemin de terre.
Antoine court pieds nus sur le sable de la plage, entre les barrières
12 h 11, sur le sable de la plage.
Antoine pieds nus sur le gravier de l’arène, entre les barrières Spartan
12 h 15, dans l’arène d’arrivée.
Antoine, médaille autour du cou, un verre à la main, pieds nus après l’arrivée
12 h 26, la médaille.

Où je me situe

Mon 3:31:00 se lit de deux façons. Au général, je finis 899e sur 1 823, 52 secondes sous la médiane de toute la course (3:31:52). Dans ma catégorie, je suis 77e sur 98, parce que l’Age Group de 2026 était très relevé.

Comparaison du temps de 3:31:00 avec les catégories M45-49
GroupeClassésMédianeMon rang
M45-49 Age Group 2026, ma vague983:05:5277e
M45-49 Open 2026, à temps égal643:55:4919e
M45-49 Age Group 2025, à temps égal453:21:4628e
Toute la course 20261 8233:31:52899e

Le championnat d’Europe a doublé le plateau : 98 classés en M45-49 Age Group contre 45 l’année précédente, et une médiane 15 min 54 plus rapide. Au total, seuls 3 coureurs sur 1 823 ont reçu une pénalité de temps ; je n’en fais pas partie.

Un an plus tôt, à Beynes, la Spartan Super faisait 11,18 km et 311 m de dénivelé, et j’avais mis 3 h 37. Cette fois : presque le double de distance, plus du double de dénivelé, six minutes de moins.

Et les pieds ?

Trois jours après, la réponse tient en une phrase :

Les pieds vont très bien, aucune blessure sur les 25 km.

Plante du pied nue, propre et claire, le matin de la course
Avant : samedi 3 octobre, 7 h 41.
Plante du pied le lendemain de la course, plus foncée mais sans plaie ni ampoule, sur un quai de gare
Après : dimanche 4 octobre, 12 h 51, le lendemain de 25 km sur la roche.

Sur la course, ma montre a relevé une fréquence cardiaque moyenne de 156 bpm (maximum 175), 2 230 kcal actives et 28 917 pas. Aucun de ces pas n’était chaussé.

Comment j’ai préparé mes pieds la dernière semaine